Les résidences : restitution

Pierre-Jean Moreau et le projet de réalisation de vidéo Haïku

Pierre-Jean Moreau travaille sur la mémoire. L’artiste a passé toute son enfance et adolescence dans la région du Nord. Il est revenu, en 2018, dans des endroits, des lieux, des routes, des paysages familiers et chargés de souvenirs. Les visites et les réflexions s’orientent toujours entre passé et présent, dans l’urbanisme, les souvenirs, l’évolution. Une série de photos a été récoltée durant la résidence sur la phase conception (140 environ, de différents formats).

La réflexion de l’artiste sur le territoire l’a guidé vers Arles et a beaucoup inspiré ses re- cherches. L’exposition « le dernier train » présente ce train qui transportait la dépouille de Bob Kennedy et qui passait dans les villes. La campagne proche se remplissait de gens qui s’amoncelaient le long du trajet pour voir le train avec trois points de vues fort bien amé- nagés : Arles, des photos vues du train, et des tirages amateurs montrant des gens sur les voies. Tout cela était accompagné d’une reconstitution récente, par un film de 70 minutes, qui recréait l’événement. Avec cela, l’artiste va s’inspirer du mélange des époques.

Pierre Jean Moreau continue ses recherches dans les archives familiales et à prendre des contacts avec les acteurs du territoires. Il a commencé un partenariat avec le collège Notre Dame de Grâce de Maubeuge ainsi que l’artiste CLEA actuellement en résidence sur le terri- toire. L’idée est de faire se rencontrer les collégiens et Pierre-Jean Moreau, qui a été scolarisé dans le même établissement 40 ans avant.

Une rencontre est également envisagée avec Mario Batista, l’artiste CLEA, pour créer des haïku filmés et écrits.

Pour le moment, plusieurs rencontres ont eu lieu avec, notamment, le directeur du collège de Notre Dame de Grâce de Maubeuge, les différentes techniciens de la C.A.M.V.S ainsi que les directeurs de plusieurs structures culturelles, pour pouvoir en partie visiter plusieurs lieux et s’en inspirer.

Le collectif Camoufleur et le projet de l’habitat-atelier

Le collectif Camoufleur en résidence chez Idem+arts

Depuis 2009, le collectif Camoufleur (regroupant Sébastien Bruggeman, artiste plasticien et enseignant agrégé en arts plastiques et Sylvain Courbois, éditeur d’oeuvres en édition limitée) organise des expositions d’art contemporain au sein de la galerie 9, galerie spé- cialisée en art décoratif du XXème siècle, rue des Bouchers à Lille.

Camoufleur a ainsi présenté une sélection d’artistes de renommée nationale et interna- tionale tels que Tarik Kiswanson, Gauthier Leroy, Kyle Field, Brochard & Darras, François Curlet, Mathieu Mercier, …
Depuis 2017, Antoine Lefèbvre (originaire de Maubeuge), architecte diplômé de Saint Luc, a rejoint le collectif Camoufleur qui se transforme en un collectif d’artistes plasticiens dont les centres d’intérêts traversent l’art contemporain, la musique, et l’archi- tecture. Certains sont enseignants, éditeurs de livres et artistes aux pratiques multiples, ou architectes à l’occasion.

La ville de Maubeuge se démarque au premier regard par sa reconstruction et son urbanisme particulier. L’architecte, André Lurçat, pionnier de l’architecture moderne comme Mallet Stevens ou Le Corbusier, habitué aux grandes villas modernes et aux mai- sons-ateliers d’artistes, a modelé la ville avec ses habitants dès 1945, où chacun donnait son avis lors de « meeting d’urbanisme » et de comités locaux.
Le projet pour idem+arts s’appuiera sur le concept d’habitat-atelier modulaire en tant qu’espace de réflexion pour et sur l’environnement proche.

2018 a été consacrée pour le collectif à la phase de recherche, de documentation pour concevoir leur projet. Voici ce qui en découle : le « MODULOBEUGE ». La phase de conception a permis de déterminer les lignes directrices et de concentrer les recherches sur la ville de Maubeuge tel que décrit ci-dessous :

– Une ville renaissant régulièrement (saccages, pillages, destructions, bombardements, reconstructions) et aujourd’hui reconnue pour l’urbanisme de Lurçat,

– Les points retenus de la pratique de Lurçat : l’idée de « Meetings d’urbanisme » et le sou- hait d’une présence d’ îlots aérés avec places plantées d’arbres ; la cité redevient un lieu pour les citoyens.

Le projet se concentre sur la possibilité de créer un objet itinérant culturel et de l’implan- ter sur le territoire. Cet objet prendra la forme d’une construction et de l’invention d’un système modulaire standard.